Avis sur les terrains synthétiques
Ramonville Saint Agne, le 10 Octobre 2026
Qu’est-ce un terrain synthétique ?
Un terrain synthétique est un gazon en plastique qui peut être utilisé pour la pratique des sports, comme par exemple le foot. Un tel terrain est composé d’un sandwich de plusieurs couches successives : d’abord une couche de fondation, ensuite une couche d’absorption des chocs, aussi appelée couche de souplesse, puis le gazon synthétique fabriqué par une technique de tuftage identique à celle de la moquette. En général, le gazon sera lesté par un matériau de remplissage qui sert également d’amortisseur de chocs, mais il existe des gazons synthétiques sans lestage [1].
S’il y a lestage, il peut s’effectuer avec des granulats élastomères (issus par exemple du recyclage des pneus), des minéraux (sable de silice) ou d’un remplissage organique (copeaux de liège, noyaux d’olive concassés, rafle de maïs, particules de bois ou de pommes de pin). Selon une étude [2], le lestage des gazons synthétiques par des granulats élastomères est la deuxième source de microplastiques terrestre, ce pourquoi la Commission Européenne interdira les remplissages à base de granulats élastomères à partir du 17 octobre 2031 (règlement 2023/2055).
Les deux avantages d’un terrain synthétique par rapport à un terrain en herbe sont qu’il est possible de l’utiliser quelle que soit la météo et qu’il n’est pas nécessaire de l’arroser. Un des désavantages est sa durée de vie assez limitée : selon l’utilisation du terrain, et d’après la Fédération Française de Football, elle peut aller de 7 à 15 ans [1]. D’autres désavantages concernent l’impact sur environnement, la santé humaine et la qualité de vie des riverain·e·s. Ils seront développés par la suite.
Que dit la science ?
Les connaissances sur l’impact environnemental d’un terrain synthétique sont résumées dans une étude du Journal International pour l’Environnement, la Science et la Technologie [2]. Selon cette revue, un terrain de foot synthétique typique contient environ 120 tonnes de plastiques, pour une durée de vie typique de 10 à12 ans. Les émissions de gaz à effet de serre sur le cycle de vie d’un terrain synthétique de 9000 m2, pour une durée
de vie de 10 ans, est de 55,6 tonnes de CO2. C’est environ trois fois supérieur à l’empreinte carbone d’un terrain en herbe, voire six fois supérieur si le terrain synthétique n’est pas recyclé en fin de vie, ce qui est souvent le cas. Ces chiffres sont confirmés par l’Institut Scientifique Universitaire des Ressources Naturelles de Zurich [3], qui présente de plus une étude comparative de l’empreinte environnementale globale incluant toutes les pollutions de l’air, de l’eau et des sols pour les terrains synthétiques et en herbe de la ville de Zurich. Selon cette étude, l’empreinte environnementale globale d’un terrain synthétique est environ deux fois supérieure à l’empreinte d’un terrain en herbe. La supériorité de l’empreinte environnementale d’un terrain synthétique s’explique par la grande quantité de plastique nécessaire pour sa réalisation, dont la fabrication est très émettrice en gaz à effet de serre et consommatrice en eau [2].
Les terrains synthétiques sont une source de microplastiques à cause de l’usage du terrain par les joueur·euse·s, par l’équipement de maintenance, et par le ruissèlement de l’eau de pluie. Beaucoup d’attention porte sur les microplastiques générés par le lestage, qui peut être évité en utilisant du sable ou des matériaux organiques. Toutefois, la production de microplastiques issus des fibres du gazon synthétique persiste, même
avec un lestage organique. Selon l’Institut Fraunhofer-Umsicht [4], le gazon synthétique (hors lestage) perd entre 50 kg et 1 tonne de microplastiques chaque année. La photographie suivante illustre comment ces microplastiques, provenant des fibres du gazon, s’accrochent aux vêtements et chaussures des joueur·euse·s pratiquant le foot sur un terrain synthétique.

